L’effet placebo efficace même si le patient sait qu’il ne sert à rien

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Lors d’une étude publié dans The Journal of Pain, des scientifiques expliquent l’expérience effectuée sur 40 volontaires à l’Université de Colorado boulder, aux Etats-Unis. Le but étant de comparer les effets d’une crème contenant un composant analgésique (qui en réalité est un placebo) et d’une crème sans composant analgésique (contrôle). Les deux crèmes étaient identiques à l’exception d’un colorant bleu placé dans la crème placebo. Pour tromper les sujets, les chercheurs ont créé un faux emballage de médicament, ils ont également insisté sur la (fausse) composition de la crème ainsi que les précautions à prendre et les effets secondaires.

Lors de l’expérience, ils ont provoqué une douleur volontaire sur le bras par la chaleur, sans brûler la peau. Cette douleur devait être soulagée par la crème placebo. 

L’expérience a été renouvelée chez 20 sujets lors de quatre sessions sur quatre jours différents. Le second groupe de 20 sujets volontaires a reçu une unique session. Ils ne savaient pas qu’ils utilisaient un placebo à ce moment de l’étude. Les scientifiques ont ainsi comparé les effets de ce conditionnement long de quatre jours à un conditionnement court d’un jour. 

Ensuite, lors de la phase de test, les chercheurs ont révélé aux sujets qu’en réalité il s’agissait d’une crème sans composant analgésique, donc placebo.

Résultat: 

L’effet analgésique due au placebo a persisté même quand les sujets ont su qu’ils recevaient un placebo sans principes actifs, mais uniquement dans le groupe conditionné pendant qutre jours. Ces résultats suggèrent donc qu’il existe un effet placebo basé sur le conditionnement plus que sur l’attente du patient d’être soulagé.

L’un des chercheurs de l’étude, Tor Wager, a expliqué que le conditionnement permet au cerveau d’apprendre et de créer une réponse au traitement: « Une fois que l’apprentissage a eu lieu, votre cerveau répond toujours au placebo même si vous n’y croyez plus »

L’auteur principal de l’étude, Scott Schafer, ajoute que : « les placebos induisent la libération de substances qui soulagent la douleur dans le cerveau, mais nous ne savons pas encore si cet effet placebo dépendant des attentes utilise le même système ou des systèmes différents ».

Ces résultats pourraient permettre des traitements dans les addictions et dépendances, que ça soit médicamentaux ou autres. Il serait ainsi possible de sevrer les patients en utilisant l’effet placebo. 

 

 

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