L’armée américaine teste la stimulation cérébrale

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     Les opérations militaires nécessitent parfois que les personnels effectuent des actions complexes où ils doivent être multitâches : ils sont placés dans des situations les contraignant à traiter une masse considérable d’informations en même temps, sous une pression forte, de quoi atteindre les limites de leurs capacités. C’est pourquoi l’armée de l’air américaine a mené une étude pour évaluer l’efficacité de l’électrostimulation cérébrale dans un contexte multitâche.

     Sur la base de l’US Air Force de Wright-Patterson, dans l’Ohio, vingt militaires (16 hommes et 4 femmes), âgés en moyenne de 31 ans, ont participé à l’expérience. Ils se sont soumis à un test développé par la Nasa pour évaluer leurs compétences dans une opération multitâche. Ce test consistait à maintenir une croix dans un cercle en mouvement sur un écran, tout en répondant à trois autres tâches sur l’écran. L’appareillage utilisé apparaît comme relativement simple : cinq électrodes ont été disposées sur le crâne de militaires. La moitié du groupe a reçu dans le cerveau un courant électrique constant de 2 mA, pendant les 36 minutes du test. Les autres participants formaient un groupe témoin qui n’a eu que 30 secondes de stimulation au début de l’exercice. Résultat, c’est le groupe le plus longtemps exposé à des décharges électriques qui a fourni les meilleures performances : « Les résultats montrent que la tDCS (stimulation transcrânienne à courant direct) peut augmenter la capacité d’un humain à être multitâche », écrivent les auteurs de l’étude dans leur rapport final. Le premier groupe a de meilleures performances après quatre minutes de test.

     La tDCS est présentée comme une alternative saine à l’utilisation de molécules comme le modafinil ou la ritaline, qui auraient servi à stimuler les performances des forces armées, d’après le Guardian. Cependant, les effets à long terme de l’électrostimulation cérébrale ne sont pas connus. Avant d’envoyer des courants éléctriques dans les cerveaux de ses employés, l’armée américaine devra encore tester la fiabilité du processus sur le long terme.

     En 2014, des chercheurs de cette même base avaient déjà montré que les stimulations électriques pouvaient améliorer la vigilance des militaires, et ce plus que la caféine.

 

 

 

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