La LMA: lésion myo-aponévrotique

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    Tout le monde connaît les terminologies « élongation », « claquage », « déchirure » imagées par Andrivet. Cependant, grâce aux avancées des connaissances scientifiques, ces classifications ne sont plus d’actualités malgré qu’elles soient encore très répandues et malheureusement encore enseignés dans certaines écoles de kinésithérapie. Depuis une dizaine d’année déjà, les éléments modernes convergent vers une autre terminologie : les lésions myo-aponévrotiques. 

DÉFINITION :

     La lésion myo-aponévrotique intrinsèque (LMA) est un décollement de la fibre musculaire de son support aponévrotique, de son tendon, ou de sa cloison (centrale ou périphérique). Il s’agit donc d’une rupture de la liaison entre la fibre musculaire et le tissu conjonctif correspondant à une désinsertion. On parlera donc également de désinsertion myo-aponévrotique. Le tissu aponévrotique est une structure dense et fibreuse permettant d’organiser l’architecture du muscle, comme un tissu de soutien.

La LMA peut être localisée à trois endroits :

  • jonction muscle/tendon
  • jonction muscle/cloisons conjonctives centrales (en profondeur du muscle)
  • jonction muscle/parois périphériques (en superficie du muscle)

PATHOMÉCANISME:

Lors de la lésion myo-aponévrotique, nous pouvons isoler deux mécanismes responsables de ces lésions :

      1. Le mouvement excentrique

Le travail excentrique est un mouvement de freinage dans lequel une contraction est effectuée en même temps qu’un étirement progressif. Par exemple, lorsqu’on descend les escaliers, les quadriceps freinent le mouvement, ils travaillent en excentrique. Ce geste vient malmener et éventuellement détériorer les jonctions entre les fibres déclenchant ainsi un cycle de destruction/construction des protéines de liaison, notamment la desmine.

      2. L’overstretching

Le mouvement d’Overstretching correspond à un étirement du muscle au-delà de ses capacités, c’est un étirement maximal et rapide. Les capacités visco-élastiques sont dépassées et la rupture intervient au point d’intimité myo-aponévrotique.

DIAGNOSTIC :

Les désinsertions musculaires se produisent la plupart du temps au niveau de la jonction entre muscle et aponévrose.

En fonction de la topographie de la lésion dans le muscle, on parlera de :

  • Désinsertion tendineuse ou ostéo-tendineuse
  • Désinsertion de la jonction myo-tendineuse
  • Désinsertion myo-aponévrotique périphérique
  • Désinsertion myo-aponévrotique centrale.

Les progrès en imagerie médicale permettent d’avoir des diagnostics précis avec l’échographie et l’IRM qui permettront de localiser avec précision l’endroit de la lésion. Cela permettra également de voir si une hémorragie est présente au niveau de la lésion. La désinsertion musculaire entraîne une hémorragie qui va se localiser en périphérie autour du fascia périphérique du muscle. Cette hémorragie peut dans certaines formes (sévères) se collecter dans la zone de rétraction du muscle.

TRAITEMENT :

Les premiers jours :

Protocole BREF : bandage, repos, élévation, froid (RICE). Pour le froid, il est préférable d’utiliser une vessie de glace ou un coldpack. L’application de cryothérapie gazeuse n’est pas recommandée car l’hypothermie vient léser les cellules satellites de Mauro, responsables de la reconstruction de la fibre musculaire. Dans le cadre du traitement du sportif, tout va se jouer les premiers jours. Les études démontrent que la mobilisation précoce permet de favoriser la résorption de l’œdème, une prolifération des capillaires sanguins et une activation des protéines de reconstruction.

Le travail excentrique :

Les études démontrent également l’utilisation précoce du travail excentrique. En effet, dès le troisième jour, des contractions excentriques type Stanish vont permettre :

  • L’initiation cycle destruction-reconstruction des protéines de liaison
  • L’augmentation de la résistance des points d’attaches entre la fibre musculaire et l’aponévrose
  • Le recul du point de rupture visco-élastique.

Il faudra respecter la non-douleur et commencer par des séances à vitesse lente et charges progressives.

Le travail actif :

La reprise du vélo pourra intervenir à partir du quatrième ou cinquième jour. Jogging léger aux alentours du dixième jour.

Les adhérences :

Des adhérences apparaissent lors de la cicatrisation et peuvent être traitées par :

Renforcement :

A partir d’un test d’évaluation adapté, un programme sera mis en place :

  • Adapté au muscle lésé
  • Adapté au sport pratiqué
  • En parallèle du travail excentrique
  • Réentrainement des filières énergétiques

A éviter :

  • Immobiliser
  • Attendre plusieurs jours avant soins
  • Cryothérapie gazeuse

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