Implant nouvelle génération pour reconstruire le cartilage

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Face à l’augmentation du nombre de personnes souffrant d’arthrose, des stratégies émergent afin de reconstruire le cartilage. Des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont mis au point une nouvelle génération d’implants ostéo-articulaires, pour les personnes souffrant d’arthrose. Leur étude, menée sous la direction de Nadia Benkirane-Jessel, publiée dans Trends in Biotechnology, montre qu’en combinant des cellules souches et des facteurs de croissance de l’os, ces implants intelligents permettent de régénérer une articulation abimée.

Le cartilage permet le glissement entre deux extrémités osseuses. Lorsqu’il finit par être totalement détruit comme dans l’arthrose, l’os sous-jacent est en danger. La mobilité de l’articulation devient problématique et très douloureuse. A ce moment-là, deux techniques chirurgicales peuvent être proposées : la pose d’une prothèse, notamment dans l’arthrose de la hanche ou du genou, ou l’injection dans l’articulation lésée un échantillon de ses propres cellules de cartilage (chondrocytes).

L’équipe de l’Unité 1109 « Nanomédecine régénérative ostéoarticulaire et dentaire » Inserm/Université de Strasbourg ont alors imaginé une nouvelle génération d’implants, composés de deux compartiments :

  • Le premier, régénérant l’os, est une membrane nanofibreuse contenant des réservoirs microscopiques (nanoréservoirs) remplis de facteurs de croissance, ces molécules qui induiront la multiplication des cellules osseuses.
  • Le second, régénérant le cartilage, est une couche d’hydrogel contenant des cellules souches prélevées dans la moelle osseuse du patient. Ces cellules peuvent se différencier aussi bien en cellules de l’os (ostéoblastes) qu’en cellules du cartilage (chondrocytes).

Un seul acte chirurgical sera pratiqué pour mettre en place l’implant. La membrane de nanoréservoirs est déposée en premier sur l’articulation lésée, puis les cellules souches y sont ajouté. Comparée à d’autres traitements, cette technologie offre une double action thérapeutique : en plus de réparer le cartilage, elle régénère l’os sous-chondral situé juste en dessous. Cette technique a été validée lors de différents tests réalisés sur des animaux. Ils sont désormais en attente d’un financement pour réaliser des essais cliniques sur trente patients souffrant d’arthrose du genou.

Si les essais sont concluants, cette technologie innovante permettra de réparer de façon robuste et durable les articulations en cas d’arthrose ou de lésions articulaires.

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